Paysages
Si vous pouviez m'accompagner dans des lieux qui n'existent pas et pourtant que nous voyons

Suite et fin du projet Odchylky, A Boys Night


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A Boys Road

Les garçons sont de retour


Dans Déviation 6, nous les avions vus marcher vers la droite (vers la Vltava) en plein jour.

Pour terminer la série pragoise, les garçons repassent dans l'autre sens, et ils le font de nuit.


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Noir et blanc

Nouvel éclairage

Le plan de la scène est le même que dans la déviation 6. Et pourtant le tableau est complètement différent.

Ce qui ne change pas est le premier plan : 4 garçons traversent la rue, et dans le même ordre.
En noir et blanc, le dessin semble le même. Mais le cadrage est différent, car les bâtiments sont restitués dans toute leur hauteur.
J'ai donc changé la proportion du tableau. Il était quasiment de dimension carrée, il devient un rectangle vertical.
L'aquarelle ne tiendra donc pas dans le carnet, et j'ai pris une feuille de 54X40cm plus les marges, c'est-à-dire mon plus grand format possible.

Mais surtout, nous passons du jour à la nuit. Les bâtiments sont illuminés de l'intérieur et par les réverbères de la rue.


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Personnages

Des silhouettes noctambules

Disposant d'un plus grand format, je peux prendre des libertés pour dessiner les personnages car j'ai une surface environ trois fois supérieure au dessin d'origine.

Les premiers croquis sont donc ceux des personnages.
Charité bien ordonnée commence par soi-même, donc je commence par mon autoportrait.
Le croquis montre que la silhouette est dessinée. Pour cela, j'ai pris plusieurs photos de nuit et sur place.
En évitant les voitures, j'ai arpenté le passage pour piéton. Les photos étaient toutes floues, mais elles restituaient bien le mouvement.

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A Boys Night

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Croquis

Quatre garçons dans la nuit


Pour peindre les 4 personnages, j'ai procédé en 3 temps.

  1. J'ai commencé par les croquis, en noir et blanc. Comme d'habitude, je dessine sur tablette numérique, ce qui me permet d'avoir des contours exacts, que je reporte ensuite sur la feuille d'aquarelle comme un patron.
  2. La peinture a trois niveaux de détails : la tête très précise, le corps plus flou. Je porte mon attention sur le mouvement, que je mets en valeur avec des contrastes, plutôt que de peindre les détails. Enfin, les jambes et les pieds, pour lesquels je fonds les couleurs.
  3. Tout à la fin du tableau, j'ai retouché les personnages, pour qu'ils se fondent mieux dans la lumière de la ville. J'ai assombri les visages avec du rouge et du jaune, et j'ai corrigé les contours.
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Personnages en couleur

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Toits éclairés

Le décor


Les personnages n'occupent que le bas du tableau. Et le ciel est assez peu visible.

Donc l'essentiel de composition porte sur la maison qui danse.

Je l'avais déjà peinte une première fois, mais de jour. Donc je suis entrainé à représenter trente fenêtres, selon des angles différents, puisque le corps de la maison sur la droite est cylindrique.

Mais dans ce tableau, la lumière est une lumière de nuit. Le ciel est d'un bleu noir, et l'illumination est projetée pour une bonne partie depuis le haut de l'immeuble.


Les tableaux dans les tableaux


Ce que j'ai trouvé passionnant dans ce tableau, ce sont les tableaux dans les tableaux.

De quoi est-il question ? Comme la lumière est celle de la ville la nuit, chaque source de lumière se détache du reste comme un tableau à part.

Prenez le bâtiment sur la gauche. Il n'a a aucune source de lumière, et constitue une partie monobloc sombre.

Mais dans ce tableau, la lumière est une lumière de nuit. Le ciel est d'un bleu noir, et l'illumination est projetée pour une bonne partie depuis le haut de l'immeuble. Je me suis amusé à créer une atmosphère centrée sur la statue, remodelée par la lumière bleutée. Avec quelques traits seulement, suggérer toute une architecture.

Sur la droite, les phares de voiture éblouissent le champ de vision et apportent une délimitation intéressante à la Maison qui Danse.

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Rez de chaussée commercial

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Des dizaines de fenêtres

Trente fenêtres


Il y a trois bâtiments distincts, de gauche à droite :

  1. Un bâtiment bien vertical, mais dont le haut est ondulant. Pour ce bâtiment, j'ai joué sur les textures. Chaque fenêtre à un cadre gris sombre, j'ai allumé certaines d'entre elles. Trouverez-vous le petit chat ?
  2. La tour de verre. Les lumières sont par étage, et la structure est fournie par les colonnes d'acier et les différents câbles. La mouette s'envole depuis un balcon.
  3. Enfin, la tour de droite toute en ondulations. Ce qui est spécial, c'est que la lumière vient du haut. Cette lumière associée à l'architecture confère à chaque fenêtre une géométrie et des couleurs différentes.



La palette


La palette est sobre, composée seulement de 8 couleurs.

Pour les couleurs froides, les majeures sont les deux bleus : outremer et céruléum.
Le premier donne de l'intensité. Associé au brun Vandyke, il vire au noir. Bien sûr, selon la densité, cela fournit de jolis gris.
Le bleu céruléum est plus transparent. Associé Winsor orange, il donne un ocre doux.

Pour les couleurs chaudes, la majeure est le Winsor orange. La variante avec ombre rouge est utilisée pour la coloration des visages.
Le jaune citron et le violet de perylène apportent douceur et touche de vivacité.

Je n'ai pas oublié le vert émeraude, qui est utilisé principalement pour le 1er étage de la tour, associé au bleu céruléum.

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8 pigments

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